Albariza : ces fantastiques sols blancs fossiles dont je vous parlais en détail vendredi dernier en décrivant le
Lumière d’
Alejandro Muchada et
David Léclapart.
Mais dans la région du Sherry, tous les terroirs ne sont pas composés d’albariza. Les sols situés près des plages sont, comme souvent au bord de la mer, sableux. Et là, c’est une toute autre histoire.
Les vignobles plantés sur ces sols sont parmi les plus rares et se trouvent principalement autour de la ville de Chipiona. Ces sols sableux contiennent peu de calcaire et retiennent très mal l’eau, contrairement aux sols d’albariza. Les vignes doivent donc plonger leurs racines très profondément pour trouver de l’eau. De plus, les raisins y mûrissent beaucoup plus rapidement, car le sable absorbe fortement la chaleur durant la journée avant de la restituer la nuit.
Exactement l’inverse des capacités de l’albariza !
Ces sols sableux sont également beaucoup plus jeunes et appartiennent géologiquement presque à notre époque. Ils se sont principalement formés durant l’Holocène, c’est-à-dire ces 11 000 dernières années. Il y a plus d’un siècle, ce furent aussi
les seuls sols capables de résister au phylloxéra. Ces insectes étant incapables de creuser dans le sable meuble.
Le Palomino typique utilisé pour élaborer le grand vin Lumière ne peut pas y pousser. Une seule variété s’épanouit réellement sur ces sols sableux : le Moscatel. Historiquement, et encore aujourd’hui, il est essentiellement utilisé pour produire des vins doux.
Si vous souhaitez découvrir ces magnifiques Moscatel Soleado typiques du Sherry, jetez donc un œil
ici :
des vins de dessert originaux et absolument délicieux !
Mais ce n’est pas de ces Moscatel Soleado historiques dont je voulais vous parler aujourd’hui.
Non, aujourd’hui, il est question du petit frère du très salin Lumière : Élixir.
Élixir est un vin sec, élaboré selon les mêmes principes que Lumière, mais à partir de Moscatel issu des sols sableux autour de Chipiona. Grâce à la proximité de la mer, cet Élixir conserve sa belle salinité, qui se marie harmonieusement avec le côté exotique, fruité et crémeux du Moscatel.
Élixir est en réalité le vin idéal pour découvrir l’univers très particulier de Muchada-Léclapart : moins extrême et moins salin que Lumière, il en possède pourtant tous les codes, mais dans une version plus accessible. Dès le premier nez, ce sont surtout les arômes parfumés et fruités qui prennent le dessus.
Mais le mieux reste encore de ne pas choisir : pour cet été, vous feriez mieux d’avoir les deux en cave 😉.
L’avantage avec Élixir, c’est qu’il nous reste encore une petite quantité du 2022, alors que le 2024 est déjà en stock.
Il ne reste plus que 60 bouteilles de chaque millésime.
Donc il faudra être rapide quoi qu’il arrive… 😉